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ISABEL BERGLUND

Madoura, lieu d’art, d’histoire et de création - Exposition du 26 avril au 31 août 2018

INAUGURATION JEUDI 26 AVRIL A 18 HEURES


Publié le jeudi 26 avril 2018.

Isabel Berglund est danoise. Elle vit et travaille à Copenhague. L’invitation qui lui a été faite d’exposer à Madoura, lieu d’art, d’histoire et de création, est l’occasion pour nous de découvrir ses propositions réalisées à partir d’une technique de tissage qui peut paraître, aujourd’hui, assez décalée : le tricot.

Le tricot, c’est avant tout des gestes simples, répétitifs, et l’emploi d’outils assez déconcertants par leur archaïsme – des aiguilles – permettant la réalisation d’un tissage plus ou moins complexe. Il s’agit de nouer, de tresser, d’entrelacer des fils pour créer une surface souple qui a vocation à envelopper, recouvrir, protéger. Les matériaux employés, comme le fil, la laine ou plus rarement la corde, sont peu coûteux et participent du « populaire » de cette activité présente dans toutes les cultures du monde. Elle relève des arts traditionnels modestes et familiers. Cette occupation domestique convoque en nous des images de pratiques artisanales abusivement genrées parce que dévolues généralement aux femmes et, en même temps, des souvenirs du passé et tout particulièrement ceux de notre enfance.

Le tissage même sous la forme de tricot est une activité millénaire, primitive et universelle. Elle est très accessible et, au gré des modes, très appréciée comme passe-temps. Très vite l’évocation de cette technique permet l’émergence de la figure de l’amateur et de tout un univers lié aux loisirs créatifs et à ses dérives esthétiques. Le mauvais goût et certaines formes de Kitsch ne sont pas loin. Le tricot a vite fait de passer pour une activité déclassée, vieillotte, voire totalement ringarde.

En intégrant cette pratique du tricot – et ce qu’elle convoque de poncifs – à sa démarche et à son travail d’artiste, Isabel Berglund brouille volontairement les codes régissant l’opposition très classique entre l’artisanat, les arts dits décoratifs voire les loisirs créatifs et les pratiques prétendument nobles de l’art. Dans ses œuvres, parfois monumentales, l’absurdité de l’usage d’une telle technique, aussi laborieuse que gourmande en temps, fait surgir le grotesque et l’humour par ce qu’il sous-entend d’efforts totalement démesurés. Ce faisant, l’artiste organise et entretient un espace d’inconfort entre une maîtrise technique parfaite et une malfaçon plus ou moins volontaire, entre des gestes systématiques et l’aléatoire généré par les nécessités d’une démarche artistique, entre la notion de bon ou de mauvais goût.

Par la posture qu’elle adopte, en s’affranchissant des règles communément admises, Isabel Berglund nous questionne sur la notion de jugement esthétique, mais pas seulement. Si la manière que nous avons de juger une œuvre est, ici, profondément perturbée c’est pour nous rappeler, avec facétie et légèreté, que le mauvais goût est plutôt une notion qui sied comme un gant à nos comportements, à nos valeurs « petites bourgeoises » qu’il est effectivement temps de dynamiter. Le Kitsch, le ringard, est ce qui souvent caractérise la manière que nous avons de juger les autres, de les enfermer dans des stéréotypes, par des a priori à l’archaïsme monumental. Sa manière très « virile » de tricoter – le maillage est large et puissant – nous dit la porosité des frontières entre les genres et l’importance de tisser des liens au-delà de nos petites certitudes et autres conventions sociales par trop étroites à son goût.

Nous le voyons, Isabel Berglund construit des images beaucoup moins innocentes qu’il n’y paraît. Comme tout artiste, elle s’interroge sur le monde qui nous entoure et nous invite à réfléchir sur nos comportements, leurs possibilités d’évolution et les relations que nous entretenons les uns avec les autres.

Parmi les œuvres présentées à l’occasion de cette exposition, Falling et Floating Island of Pearls ont valeur d’exemples.

Falling nous fait penser à cette fameuse « chaise de volupté » commandée par Edouard VII à Louis Soubrier artisan ébéniste du faubourg Saint-Antoine et fabriquée pour un usage très acrobatique et finalement pas très princier au Chabanais, fameuse et luxueuse maison close ouverte à Paris par une certaine Alexandrine Joannet alias Madame Kelly dans une rue éponyme en 1878. Dans la proposition d’Isabel Berglund, le corps de la femme réduit à un simple objet d’usage se confond avec la forme générale du siège dont cette œuvre adopte les contours. Nous - les hommes - sommes, visuellement, conviés à nous asseoir et ainsi à répondre favorablement à l’invite outrancière de ce corps offert avec provocation. La gêne occasionnée, et heureusement dédramatisée par l’humour généreux de l’artiste, renvoie à celle que tout homme devrait éprouver devant certains comportements masculins.

Floating Island of Pearls nous rappelle l’ambiguïté de toute une représentation du féminin - écrite ou peinte - par les seuls hommes. Activité qui a généré une vision de la féminité fantasmée jusqu’à la caricature et, certainement jusqu’à l’écœurement pour beaucoup de femmes. Poètes, écrivains et même peintres nous ont véritablement bassinés pendant des siècles par les soi-disant promesses généreuses et forcément fécondes d’un genre finalement aussi inconnu et incompris qu’une île lointaine et mystérieuse. La réalité de la condition féminine est toute autre.

Entre la femme « objet » et la femme « fantasmée », Isabel Berglund semble nous inciter à évacuer toutes nos certitudes, à commencer un labeur peut-être moins gratuit qu’il n’y paraît : tricoter d’autres liens entre nous autres, hommes et femmes, êtres humains tout simplement.

D’autres œuvres sont à découvrir dans cette exposition. Certaines garderont leur part de mystère ou parleront à chacun de nous de manière différente mais gageons que le magnifique travail d’Isabel Berglund ne laissera personne indifférent.

Yves Peltier

EXPOSITION DU 26 AVRIL AU 31 AOUT 2018

MADOURA, lieu d’art, d’histoire et de création
Rue Suzanne et Georges Ramié - Vallauris
Du lundi au vendredi, de 10h à 13h et de 14h à 17h
Entrée libre
Renseignements : 04 93 64 41 74


Illustrations




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