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FRÉDÉRIQUE NALBANDIAN - Une installation in situ évolutive

Madoura, lieu d’art, d’histoire et de création

Publié le mardi 18 décembre 2018.

Jeudi 20 décembre 2018 à 18 heures

Conférence de Frédérique Nalbandian
à Madoura, lieu d’art, d’histoire et de création

Du 29 octobre 2018 au 31 janvier 2019

FRÉDÉRIQUE NALBANDIAN
Une installation in situ évolutive


La Poterie où vous vous trouvez, ancienne usine de terres vernissées devenue « Madoura » lorsque Suzanne Ramié s’y installe en 1938, est le lieu par excellence d’un processus aboutissant à l’émergence d’artefacts, objets – essentiellement des contenants – utilitaires dans un premier temps puis décoratifs, et enfin artistiques avec l’arrivée de Pablo Picasso et de bien d’autres artistes dans l’après-guerre.

Nous avons souhaité réfléchir à cette notion de processus et, pour ce faire, avons invité Frédérique Nalbandian (artiste vivant et travaillant à Menton et à Nice), à mettre en place une de ses installations évolutives.

Frédérique Nalbandian utilise ici des volumes en savon obtenus par coulage à la savonnerie du Fer à cheval à Marseille. Ces volumes reprennent ceux des seaux qu’elle utilise de manière constante : des seaux pour remplir, vider, verser le savon ou le plâtre, couler des épreuves, tremper des éléments. Des seaux identiques à ceux que l’on trouve dans tout atelier de poterie. Les gestes et les usages sont les mêmes. D’autres éléments composent l’installation comme le bois et l’eau. Le bois est omniprésent dans une poterie : mobilier (table, tréteaux, tour à pied, étagères) dans l’atelier, combustible pour les fours et élément de l’architecture elle-même. Ici, nous retrouvons les tréteaux démultipliés associés à des tasseaux. L’eau, elle, est essentielle à toute activité céramique comme le feu et l’on imagine aisément pourquoi : pour la préparation des terres, des engobes et des émaux mais aussi pour le tournage. Dans cette installation de Frédérique Nalbandian, c’est elle qui érode, modifie, transforme les volumes en savon, pendant toute la durée de l’exposition. Elle est l’élément moteur du processus à l’œuvre. C’est elle qui provoque la dissolution, l’effacement, voire la disparition à long terme de certaines pièces.

Les métamorphoses s’enchaînent progressivement pendant tout le temps de la monstration et au-delà puisqu’elles se succèdent aussi d’une exposition à une autre. Dans les installations évolutives, il arrive que certaines formes faisant partie du dispositif soient recyclées au sein d’installations ou pièces nouvelles. C’est le cas à Madoura avec des seaux en verre qui proviennent de la grande installation in situ à la chapelle Sainte-Barbe de Bruay-la-Buissière dans le Nord-Pas-de-Calais en 2011. Nous y retrouvons les traces, les dépôts secs d’eaux savonneuses laissés par les premiers remplissages ayant eu lieu là-bas. Quant aux moulages en savon, ils résultent d’installations précédentes comme les moulages aux teintes grises issues aussi de cette grande installation de la chapelle Sainte-Barbe (le savon a été mélangé à de la poudre de charbon en variant les dosages).

Il est intéressant de noter que l’on retrouve là une similitude avec la démarche de Pablo Picasso à Vallauris qui intégra à ses sculptures des éléments de récupération comme, entre autres, des pignates et des poêlons en terre vernissée ou décorant aux engobes noir et blanc, dans un clin d’œil passionné à la céramique grecque, des éléments de céramique cassés leur donnant des allures d’artefacts archéologiques. Dans l’installation évolutive proposée par Frédérique Nalbandian à Madoura, les seaux en verre ont été soufflés et moulés par le Musée de Sars-Poterie. Ils servent à recueillir les eaux savonneuses.

L’artiste aime à rappeler que la notion de construction est fragile et forcément relative à un contexte. Démonstration en est faite.

L’eau de cette installation évolutive est recueillie dans des seaux en verre en équilibre sur des tasseaux de bois placés sur des tréteaux. L’eau savonneuse se dépose en décantations aléatoires et abstraites, qu’un phénomène second, celui de l’évaporation, se charge de fixer. C’est là, un ensemble de phénomènes conçu comme actif et organisé dans le temps. Tout processus est lié à la notion de temps. Ici, l’eau devient temps, le temps devient médium de l’installation. L’écoulement au goutte à goutte, par le rythme qu’il génère, inscrit l’installation évolutive dans une temporalité qui est celle de l’irréversible matérialisé par la destruction des premières formes. Le résultat de cette transformation absurde est une nouvelle forme en savon toujours différente de la précédente.

Le savon est réputé instable mais il est, plus encore, aux yeux de l’artiste, le matériau par excellence des variations et des états transitoires car, étonnamment, il n’est pas si éphémère que cela puisqu’il se conserve parfaitement et peut même être très solide. Nous voyons là que l’absurde, la tautologie et la dérision sont très présents dans la démarche de Frédérique Nalbandian et sont souvent le moteur d’idées permettant l’émergence de nouvelles propositions. L’œuvre présentée devient le lieu symbolique d’une alchimie où dissolution, fusion, évaporation, précipitation et, enfin, concrétion finissent par former un environnement, une sorte de laboratoire où l’aléatoire est source d’un questionnement finalement très aristotélicien engendré par une immersion au cœur du processus créatif.

Pour Frédérique Nalbandian, le savon est le matériau des métamorphoses par sa sensibilité à l’action des éléments et du temps mais il serait hasardeux et peut-être un peu limité de réduire son travail à la seule surface des choses. Son modus operandi crée une nouvelle forme narrative qui unifie l’ensemble de ses recherches et propositions précédentes qui sont autant de récits singuliers du fait de contextes toujours variés. Le point commun à ces récits est la métamorphose. La forme narrative utilisée relève d’une poésie qui est celle de l’absurde où ce principe de la métamorphose agit comme élément descriptif permettant à son écriture de prendre, au-delà de son caractère singulier, personnel et donc individuel, une forme plus universelle. Ainsi, Frédérique Nalbandian, telle une « Ovide » des temps contemporains, participe à réenchanter notre monde.

Yves Peltier

MADOURA, lieu d’art, d’histoire et de création
Rue Suzanne et Georges Ramié - Vallauris
Du lundi au vendredi, de 10h à 13h et de 14h à 17h
Entrée libre
Renseignements : 04 93 64 41 74



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FREDERIQUE NALBANDIAN / INSTALLATION

The pottery you are standing in, a former earthenware factory that became “Madoura” when Suzanne Ramié settled there in 1938, is the perfect place for a process leading to the emergence of artifacts : objects — essentially receptacles — that are primarily utilitarian, then decorative, and finally works of art, with the arrival of Pablo Picasso and many other artists of the post-war period.

We wanted to reflect on this idea of process and to this end invited Frédérique Nalbandian, an artist living and working in Menton and Nice, to set up one of her iterative installations.

Frédérique Nalbandian creates forms by pouring soap from the Marseille soap manufacturer Fer à Cheval. These forms take on the shape of the buckets that are in constant use : buckets to fill, buckets to empty, buckets to pour soap or plaster, to cast proofs, to soak things in. Buckets identical to those found in any pottery workshop. The gestures and the uses are the same. Other elements, such as wood and water, are present in the installation. Wood is ubiquitous in a pottery : in workshop furniture (table, trestles, tower, shelves), as fuel for kilns, and as an component of the architecture itself. Trestles are linked by slats. As for water, it is as essential as fire to any ceramic activity, and one can easily see why : in the preparation of the clays, slips and enamels, as well as for throwing on the wheel. In this installation it is Frédérique Nalbandian herself who, during the entire duration of the exhibition, etches, modifies and transforms the blocks of soap. She is the driving force of the process at work. She is the agent of the dissolution, the effacement, even the long-term obliteration of certain pieces.

One metamorphosis follows another during the entire demonstration and beyond, since they follow one another from one exhibition to another. In iterative installations, it happens that some shapes that are part of the object may be recycled in new installations or as new artworks. This is the case in Madoura with glass buckets that come from the large installation in situ at the Sainte-Barbe chapel in Bruay-la-Buissière in the Nord-Pas-de-Calais in 2011. We find traces of this in the dry deposits of soapy water left by the first fillings that took place in that installation. And the soap mouldings are the product of previous installations such as the grey-tinted castings (the soap was mixed with varying quantities of charcoal powder), also from the Sainte-Barbe chapel installation.

It is interesting to note a similarity with Pablo Picasso’s approach in Vallauris. Picasso integrated into his sculptures found objects such as, among others, pignates and pans in glazed earthenware or decorative black and white slip casts : an enthusiastic nod toward Greek pottery, broken ceramic elements giving them the appearance of archeological artefacts.

In Frédérique Nalbandian’s iterative installation at Madoura, the glass buckets blown and moulded at the Sars-Poterie Museum serve to collect soapy water.

The artist likes to remind us that the notion of construction is fragile and, of necessity, exists in a specific context. This notion is demonstrated. The water for this iterative installation is collected in glass buckets balanced on wooden slats arranged on trestles. The soapy water is deposited in random and abstract decantations, and fixed in position through a second phenomenon, that of evaporation. This is conceived as an active set of phenomena, and orchestrated in time. Every process is related to the notion of time. Here, water becomes time, and time becomes the medium of the installation. The trickling flow, by the rhythm that it generates, imprints the evolutionary installation in a temporality which is that of the irreversible, materialised by the destruction of the earlier forms. The result of this absurd transformation is a new form of soap that is always different from the previous one.

Though we may think of soap as unstable and ephemeral, in the eyes of the artist it is the ideal material for expressing change and transient states because, surprisingly, it conserves perfectly and can even be very solid and permanent. In this we see how absurdity, tautology and derision are very present in Frédérique Nalbandian’s approach and are often the engine of ideas that lead to the emergence of new propositions. The presented work becomes symbolic of an alchemy where dissolution, fusion, evaporation, precipitation and, finally, concretion come together to form a kind of laboratory in which randomness generates a very Aristotelian debate at the heart of the creative process.

For Frédérique Nalbandian, soap is the material of metamorphoses through its susceptibility to the action of time and the elements, but it would be dangerous and perhaps a little limiting to reduce her work to the most superficial aspect.

Her modus operandi creates a new narrative form that unifies all of her previous explorations and works, which because of ever-changing contexts can each be considered unique pieces. The common point in these works is metamorphosis. The narrative form used amounts to a poetry of the absurd in which this principle of metamorphosis acts as a descriptive element allowing for a more universal form, a form that goes beyond its singular, personal and therefore individual nature. Thus Frédérique Nalbandian, like an Ovid for our times, plays her part in bringing enchantment into our world.

Yves Peltier


Illustrations




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