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FRÉDÉRIC CHAUBIN - L’âge de pierre

Exposition de photographies
Jusqu’au 15 septembre 2019
Avenue Gerbino - Vallauris

MADOURA, lieu d’art, d’histoire et de création
Tél. : 04 93 64 41 74


Publié le vendredi 21 juin 2019.

FRÉDÉRIC CHAUBIN - L’âge de pierre

Pour cette deuxième exposition de photographies dans l’avenue Gerbino, Frédéric Chaubin, artiste vivant et travaillant à Paris, a été invité par Madoura, lieu d’art, d’histoire et de création, à présenter ces derniers travaux. Après s’être intéressé aux architectures soviétiques réalisées au cours des dernières années de l’URSS, il a constitué un nouveau corpus composé d’images de châteaux médiévaux photographiés dans toute l’Europe. Cet ensemble questionne notre rapport au réel et à l’imaginaire mais interroge aussi la construction du récit historique, le rapport ambigu que nous entretenons avec ce genre nourri d’utopies, de rêves et de désirs.

Le regard que porte le photographe (perceptible dans le cadrage choisi, l’utilisation de la lumière et les tonalités chromatiques) sur ces imposantes structures – objets inscrits physiquement dans le réel – vient réenchanter une réalité qui nous échappe et qui vient alimenter, depuis l’époque romantique, un imaginaire collectif mais aussi un « grand récit » fondateur. C’est-à-dire un système de représentations et de valeurs partagées par une communauté. Ce grand récit, historique, prend source dans cette réalité mais garde une valeur socialement et politiquement structurante.

La tentation est grande de faire des châteaux médiévaux les incarnations d’une sorte de préhistoire de la modernité même si l’aspect moderne de ces constructions semble trompeur à certains. Le titre de l’exposition pose cette question. Il se dégage, en effet, de ces monuments, de leurs volumes et formes au service d’une fonction, de leur apparent minimalisme, un esprit que l’on voudrait ancêtre du brutalisme. Il n’en est probablement rien. Le doute est, en tout cas, permis. Les systèmes de valeurs ne sont pas les mêmes. Les utopies de la modernité ne sont pas forcément celles de l’époque médiévale. La réponse architecturale, trouvée aux impératifs défensifs et à la volonté de structurer la société de l’époque, par ces contraintes, n’est pas celle envisagée par les architectes du XXe siècle qui ont répondu à un questionnement autre. La discussion reste ouverte.

Gardant une grande part de leurs secrets, auréolés de mystères du fait de l’inaccessibilité à ce qu’ils avaient à révéler à la raison, les châteaux ont été longtemps objets d’une représentation traditionnelle : une autre forme de « mistère », souvent sur la base d’une imagination et d’une croyance populaires qui ont donné lieu à la construction d’un récit plus ou moins fabuleux. Cette représentation était déformée, amplifiée mais, comme le mythe, elle se voulait explicative et surtout fondatrice d’une pratique sociale dans un contexte toujours particulier, celui des valeurs fondamentales d’une société à la recherche de sa propre cohésion. L’époque romantique en est l’archétype.

On le voit, il y a difficulté à choisir entre logos et mythos, entre rationalité scientifique et discours philosophique. Faut-il vraiment choisir ? Tout discours même rationnel se construit sur une base qui, par sa dimension temporelle, ne l’est pas. Le discours historique, linéaire, déchronologique est toujours subjectif. Son écriture s’effectue depuis un point particulier : le présent, à l’origine de l’énonciation, aboutissement structuré a posteriori. L’explication est rétrospective. Le récit historique reste donc la constitution d’une mythologie d’origine, d’une légende, – « légende » tirant son étymologie du latin médiéval « legenda », « ce qui doit être lu » –, tant la distance qui nous sépare de ces constructions, que suggère les prises de vue souvent distancées de Frédéric Chaubin, n’est pas cette « juste distance » de l’approche scientifique mais plutôt celle révélant ce vide immense qui nous sépare de l’époque de construction de ces formes architecturales si fascinantes, parées aujourd’hui d’une étonnante aura poétique.

Yves Peltier


FRÉDÉRIC CHAUBIN - The Age of Stone

Madoura — place of art, history and creation — invited Frédéric Chaubin, an artist living and working in Paris, to present his latest works for this second photography exhibition on Avenue Gerbino. After becoming interested in Soviet architecture of the final years of the USSR, Frédéric Chaubin created a new series of images of medieval castles photographed all over Europe. It is a collection that questions our relationship with the real and the imaginary. It also questions the construction of the historical narrative and the ambiguous relationship we have with a subject that is fed by utopias, by dreams, by desires.

As we see in the choice of framing, the use of light and chromatic tones, the photographer’s view of these imposing structures — objects physically embedded in reality — seduces us afresh with an elusive reality that has come, since the Romantic era, to nourish a collective imagination as well as a founding “great narrative”. That is to say, a system of representations and values shared by a community. The great historical narrative is rooted in this reality but retains a value that provides social and political structure.

There is a powerful temptation to turn medieval castles into the incarnations of a kind of prehistory of modernity, even if the “modern” aspect of these constructions may seem deceptive to some. The title of the exhibition asks this question. There is, in fact, a spirit that we might like to look upon as an ancestor of brutalism emanating from these monuments, from their volumes and forms designed for a purpose, from their apparent minimalism. It is probably nothing of the kind. We are, in any case, allowed to doubt. Value systems are not the same. The utopias of modernity are not necessarily those of the medieval age, nor are the constraints. The architectural response to the need for defence and the wish to structure the society of the time is not the one envisaged by twentieth-century architects who responded to other demands. The discussion remains open.

Keeping many of their secrets, clouded in mystery by their inaccessibility to rational analysis, the castles were long objects of a traditional representation : another form of “mystique”, often on the basis of a popular imagination and belief that led to the construction of a more or less fabulous story. This representation was distorted and amplified but, as with myth, it was meant to be explanatory and was above all the basis of a social practice, always in a specific context : that of the fundamental values of a society in search of its own cohesion. The Romantic era is the archetype of this.

As we can see, there is a difficulty in choosing between logos and mythos, between scientific rationality and philosophical discourse. Do we really have to make that choice ? All discourse, even rational, is built on a basis which, by virtue of its temporal dimension, is not rational. Historical discourse, linear and chronological as it is, is always subjective. It is written from a particular point : the present, where the chronicle begins, the outcome given structure a posteriori. The explanation is retrospective. And so the historical narrative remains a constructed mythology of origin, of a legend (“legend”, a word derived from the medieval Latin legenda, “that must be read”) : the distance that separates us from these constructions, as reflected by Frédéric Chaubin’s often long-distance shots, is not the “right distance” in scientific terms, but rather the distance that reveals the immense gap separating us from the time when these fascinating architectural forms, today enhanced by an astonishingly poetic aura, were constructed.

Yves Peltier





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