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ERIC ANDREATTA

VERNISSAGE : VENDREDI 1ER FÉVRIER 2019
18 HEURES





Exposition
Madoura, lieu d’art, d’histoire et de création
04.02.19 | 29.03.19
Rue Suzanne et Georges Ramié
Vallauris
Tél. : 04 93 64 41 74
Du lundi au vendredi, de 10h à 13h et de 14h à 17h.


Publié le vendredi 1er février 2019.

ERIC ANDREATTA - Projection CaCO3

Pendant deux mois, Eric Andreatta, artiste vivant et travaillant à Vallauris investit, à Madoura, la salle d’exposition dédiée à l’art contemporain avec une proposition invitant le visiteur à partager avec lui une expérience révélant cette interrogation curieuse et toujours renouvelée, cette approche phénoménologique qu’il a pour les arcanes mystérieux de l’art.

Pour l’occasion, dans la partie haute de l’ancien four à bois des toiles rouges sont accrochées aux cimaises. L’une sur un châssis à la manière d’une toile peinte créant ainsi un objet faisant référence aux monochromes, l’autre à même le mur. Cette couleur rouge théâtralise et fait référence, à la fois, à la toile – support de la peinture – bien évidemment mais aussi à son utilisation devenue récurrente, comme telle, par nombre d’artistes contemporains, mais aussi à l’agencement des lieux de projection des premières expériences cinématographiques, souvent d’anciens théâtres, et donc au rideau, à la toile – surface – masquant et/ou révélant, augmentant une réalité, organisant le lieu de la monstration. L’espace d’exposition a été justement aménagé afin de mettre en place un dispositif où l’artiste, comme le « petit espiègle » du devenu célèbre « Arroseur arrosé » de Louis Lumière est, tout à la fois, acteur et spectateur d’une expérience singulière, très efficace par la simplicité de sa mise en œuvre et sa capacité à capter notre attention, à nous impliquer et donc à nous interroger. Eric Andreatta, « fabricateur », pour reprendre un fameux néologisme, se donne volontiers, par dérision, des faux airs de monsieur « désinvolte ». De manière étonnante, loyal à ses intentions, il nous invite ici à nous questionner sur l’acte de « penser » et de « faire », sur le geste qui révèle, qui – nous – révèle une autre réalité, sur les dimensions insoupçonnées de l’art et sur les projections introspectives induites par l’œuvre elle-même. Toile, geste et matière picturale, littéralement éclatées dans une apparente et trompeuse dissociation, produisent un émerveillement dans lequel nous nous immergeons par un jeu de reconstruction mentale qui fait de nous autres – visiteurs – les protagonistes d’une réflexion autour du statut de l’œuvre, de sa mise « en œuvre », de ses supports potentiels, de l’environnement qui l’accueille et des liens sensibles qui se nouent avec le public que nous sommes. Car c’est bien une rencontre que l’artiste organise ici. Une rencontre où il joue le jeu de se fondre dans le public afin de nous accompagner au cœur d’une expérience simple dans sa mise en place mais très efficace. Il nous invite à une réconciliation. Celle d’un public souvent désarçonné face à des propositions qui semblent le tenir à distance, avec un art contemporain dont il connaît trop bien l’impérieuse nécessité.

Eric Andreatta met en place un dispositif où l’art, et tout particulièrement l’art contemporain, tient une position autocritique à la fois formelle et historique. Les références sont nombreuses et éloquentes : cimaise, châssis, toile, geste de l’artiste organisant la matière (ici du carbonate de calcium ou « blanc d’Espagne »), motif, sujet, jusqu’à des modes opératoires tels que l’installation, la récupération (toile rouge et fauteuil) et la destruction, le principe du monochrome, celui de la projection et jusque certains mouvements : comme celui des Nouveaux Réalistes, Fluxus ou Support/Surface. Le siège présent dans le dispositif est, à ce titre, très parlant. Il fait écho au fauteuil carbonisé d’Arman (1928-2005) de la série The day after, Pompei’s syndrome de 1984. Arman, membre du groupe des Nouveaux Réalistes fondé en 1960 par le peintre Yves Klein et le critique d’art Pierre Restany, comme tous les autres artistes de ce mouvement, proclamera un retour à la réalité par l’utilisation d’objets prélevés dans celle de leur temps tout en réfutant la peinture abstraite de l’époque convenue et abusive par son lyrisme mais aussi la figuration définitivement trop connotée à leurs yeux. Nous voyons bien qu’ici il n’est pas question de se référer au monde de l’extérieur – extérieur au monde de l’art – mais plutôt à ce dernier. Une phrase sonnant comme un manifeste, celle écrite en juin 1969, lors d’une exposition intitulée « La peinture en question » au musée du Havre par un groupe d’artistes formant avec d’autres ce que l’on appellera très vite le mouvement Support/Surface trouve, ici, dans la proposition d’Eric Andreatta, un écho particulier : « L’objet de la peinture, c’est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu’à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un ailleurs ». Nous pourrions remplacer le terme « la peinture » par celui de « l’art » ou plutôt de « l’art contemporain » (en tout cas, une part importante des courants qui le composent).

La référence à ces moments clé des avant-gardes de l’art contemporain français n’est pas due au hasard. Eric Andreatta organise une immersion dans l’art lui-même et, par-là, dans son propre parcours. Il joue une pièce enrichie d’une histoire qui le nourrit depuis toujours qui est celle de ces groupes dont la plupart des membres sont issus de ce que l’on a appelé l’école de Nice, un courant artistique qui s’est développé à partir de la fin des années 1950 sur la Côte d’Azur à la croisée de plusieurs mouvements comme le Nouveau réalisme, Support/Surface ou encore Fluxus. Comme pour ce dernier, il est parfois difficile de définir Eric Andreatta, de l’enfermer dans un genre tant il aime à malmener les codes et nous amener sur des territoires aussi surprenants que mouvants en jouant de la porosité des frontières. Il en partage cette volonté d’intégrer le public à l’expérience qu’il organise en supprimant l’idée d’un art qui se donnerait seulement à voir au profit d’un art qui s’expérimente, se vit. Mais si Fluxus a eu une réelle volonté de « transférer des responsabilités » sur le public, Eric Andreatta cherche, avant tout à le déculpabiliser en organisant ce que Baptiste Morizot et Estelle Zhong Mengual appellent une « esthétique de la rencontre » dans leur ouvrage éponyme.

Elle lui permet, « the day after », le jour d’après – maintenant –, de s’amuser à jouer l’espiègle et à nous arroser de son amour pour l’art et de l’admiration qu’il a pour ces artistes qui l’ont précédé tout particulièrement dans notre région. Cette approche très aristotélicienne, cette catharsis permet au visiteur, abordant l’œuvre présentée à Madoura comme une entité relationnelle, de se libérer de toute culpabilité générée par l’incompréhension et de tourner le dos au débat passionnel et parfois virulent à l’encontre de l’art contemporain qui, trop souvent, envahit et vient perturber le discours qu’il y a lieu de tenir à son propos et surtout, par son entremise, de ne pas devenir un de ces arroseurs – contempteurs moralistes – appelant de leurs vœux à une espèce de grand Bazar de la Charité qui vouerait l’art contemporain et les artistes aux gémonies, aux flammes salvatrices allumées par quelques parangons de la morale, dont les petits fonds de commerce éditoriaux pullulent aujourd’hui.

Yves Peltier





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